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J.I.S. Zonneveld

The terraces of the Maas (and the Rhine) downstream of Maastricht

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Annexes

Résumé

Les cours inférieurs du Rhin et de la Meuse se dirigent tous deux vers le Graben du Bas-Rhin. La direction du Rhin, cependant, est parallèle à la direction principale du graben, tandis que la Meuse pénètre dans cette région tectoniquement affaissée en traversant perpendiculairement les failles de son bord ouest. Les terrasses des deux fleuves montrent toutes deux le phénomène appelé « croisement des terrasses » : à l'amont d'une « charnière », les terrasses apparaissent dans la topographie, les plus élevées étant les plus anciennes ; à l'aval, par contre, la sédimentation a été prédominante, et les sédiments anciens sont enterrés sous les dépôts plus récents.

Dans le Rhin, le croisement se fait graduellement et est dû au simple fait que les plaines alluviales anciennes ont aujourd'hui des profils longitudinaux à pente plus forte que les terrasses plus jeunes. Le long de la Meuse, par contre, les croisements se produisent là où les terrasses traversent les zones de failles (voir fig. 2).

Dans la région immédiatement à l'aval de Maastricht, on a cartographié quelque treize à quatorze terrasses (voir fig. 1). Ces terrasses ont pu y être distinguées en mesurant l'altitude de la base de leurs dépôts, en analysant la pétrographie des graviers et en analysant les minéraux denses des sables. Les dépôts les plus anciens de la région appartiennent à la « Traînée mosane », une large plaine alluviale, formée dans une vallée très vaste et très peu profonde de la pénéplaine ardennaise pendant le Tertiaire le plus récent et peut-être très tôt dans le Quaternaire. Ces dépôts se retrouvent encore au sommet de l'Ubagsberg. Un peu plus jeunes sont les sédiments de la « Oostmaas » (Meuse de l'est), qui se présentent dans la région au sud de l'Ubagsberg et ont été déposés pendant une période (approximativement le Tiglien) où la Meuse suivait un cours allant directement de Liège vers l'est-nord-est et y formant les « très hautes terrasses ».

Après le Tiglien, la Meuse trouva un autre cours au nord-ouest de l'Ubagsberg. Dans la suite, les différentes « hautes terrasses » furent formées pratiquement près du sommet de la pénéplaine ardennaise qui descend doucement vers le nord dans cette région.

Les sédiments de presque toutes les terrasses montrent des caractères qui indiquent un dépôt sous un climat froid, périglaciaire. On peut supposer que dans cette région, pendant le Quaternaire, en principe une érosion verticale se produisit, qui fut interrompue par des phases d'accumulation. Cette accumulation était due à la production d'une grande quantité de matériel gélivé, fourni par les pentes des versants des Ardennes pendant les périodes périglaciaires et transportés par la Meuse (alors fleuve anastomosé). Pendant les interglaciaires (et peut-être pendant les périodes de transition), l'érosion verticale pouvait être à nouveau active.

Il est possible que cette érosion soit due à une (légère) surrection tectonique de (la partie nord de) l'Ardenne, mais on doit garder à l'esprit que la différence de climat entre le Tertiaire et le Quaternaire peut aussi en être la cause. Car on sait que, sous des conditions climatiques subtropicales semblables à celles qui prévalurent pendant le Tertiaire, les rivières n'étaient pratiquement pas capables d'approfondir leurs vallées. Sous les conditions plus tempérées du Quaternaire, par contre, leur capacité d'érosion était beaucoup plus grande, et l'érosion était — comme déjà dit — simplement interrompue par des phases de sédimentation durant une partie des (ou les) périodes (péri-) glaciaires.

Dans les régions subsidentes du Graben, la sédimentation ne s'est pas produite uniquement dans les conditions périglaciaires. Des formations comme celles de Sterksel et de Veghel comprennent des dépôts interglaciaires.

Les sables du Rhin et de la Meuse diffèrent beaucoup en ce qui concerne la composition de leurs minéraux denses. Les sables rhénans sont caractérisés par des « minéraux alpins » tels que le grenat, des épidotes, de la hornblende et de la saussurite, avec des pourcentages variés. Depuis le Pléistocène moyen, des minéraux d'origine volcanique fournis par le volcanisme de l'Eifel sont présents dans les sables du Rhin en quantités relativement grandes, et surtout dans les fractions grossières.

Les minéraux denses de la Meuse montrent beaucoup de tourmaline et des minéraux métamorphiques tels que staurotides, andalousite et disthène. De plus, beaucoup de dépôts contiennent une hornblende particulière, provenant des Vosges (après la capture de la Moselle par la Meurthe cette « source » fut supprimée). Dans les terrasses les plus jeunes la « chloritoïde trouble », et le grenat (trouble) se présentent avec de forts pourcentages. Tous deux sont fournis par les Ardennes.

To cite this article

J.I.S. Zonneveld, «The terraces of the Maas (and the Rhine) downstream of Maastricht», Annales de la Société géologique de Belgique [En ligne], Publications spéciales = special publications, L'évolution quaternaire des bassins fluviaux de la Mer du Nord méridionale - Centenaire de la Société Géologique de Belgique, 1974, 133-157 URL : https://popups.uliege.be:443/0037-9395/index.php?id=3776.

About: J.I.S. Zonneveld

Geografisch Instituut, Transitorium II, Heidelberglaan, De Uithof, Utrecht, Nederland.