Dire l’exil avec Josep Solanes http://popups.uliege.be/0774-7136/index.php?id=1477 Josep Solanes (1909-1991), psychiatre et philosophe catalan exilé hors de son pays (d’abord en France, puis au Venezuela) à la fin de la guerre civile espagnole, réfléchit au phénomène de l’exil pendant plus de cinquante ans. Mêlant les registres conceptuel et autobiographique, il en vient à défendre la thèse selon laquelle la condition d’exilé serait paradigmatique de la nature humaine – que l’homme se définirait essentiellement par sa capacité au dépaysement, voire au déracinement. L’approche anthropologique de l’exil à laquelle il se livre se double en outre d’une approche historicisée, ou circonstanciée de ce phénomène : dans En tierra ajena, Exilio y literatura desde la « Odisea » hasta « Molloy », Solanes développe en effet une réflexion sur ce qu’il appelle « les noms de l’exil », se montrant particulièrement attentif aux mots choisis par les exilés pour dire leur expérience de l’exil. Cet article se propose de montrer que la manière dont Solanes place la question du langage au cœur de sa réflexion sur l’exil lui permet d’explorer l’idée que l’exil est indissociable d’un phénomène d’altération de l’espace et du temps – qu’il revient à l’exilé, à la fois expulsé hors de son espace et arraché à sa temporalité propre, d’inventer via la langue un nouveau rapport à l’espace et au temps. Josep Solanes (1909-1991), a Catalan psychiatrist and philosopher exiled far from his country (first in France, then in Venezuela) at the end of the Spanish Civil War, explores the phenomenon of exile for over fifty years. Mixing conceptual and autobiographical registers, he comes to defend the thesis that the exilic condition is paradigmatic of human nature – that man is defined essentially by his capacity for displacement, even uprooting. His anthropological approach of exile is also coupled with a historicised or circumstantial approach to this phenomenon: in En tierra ajena, Exilio y literatura desde la « Odisea » hasta « Molloy », Solanes develops a thinking about what he calls "the names of exile", paying particular attention to the words chosen by men in exile to describe their experience. This article proposes to highlight that the way in which Solanes places the question of language at the heart of his reflection on exile allows him to explore the idea that exile is inseparable from a phenomenon of alteration of space and time – that the exiled, both expelled from his space and temporality, must invent a new relationship to space and time through language. Numéros en texte intégral Varia fr ven., 24 mars 2023 14:39:26 +0100 mer., 07 janv. 2026 16:27:09 +0100 http://popups.uliege.be/0774-7136/index.php?id=1477 0