Auteurs : Michèle Loneux http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=375 Publications de Auteurs Michèle Loneux fr 0 Modélisation de l’influence du climat sur les fluctuations de population du Tétras lyre Tetrao tetrix en Europe http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=2073 The Black Grouse is adapted to rough climate and to cold and snowy winters. Such climatic conditions seem to fail in Central and West Europe. The climate is recognized as the principal extrinsic factor acting on population fluctuation, and a first study has shown high significative results about climate inlluence on Black Grouse population dynamics in the Hautes-Fagnes (B). Therefore we have extended the same modelling approach to five other European Black Grouse populations followed for twenty or thirty years: Sallandse Heuvelrug (NL), Lüneburger Heide (D), Lange Rhön (D), Satzung/Erzgebirge (D, at the Czekian boundary) and the North Pennines (UK). Our analysis is a Poisson modelling by steprise multiple regression of yearly local meteorological variables to the yearly census of Black Cocks. The originalities of our work come from the use of continuous long time series of data set, the use of local climatological data registered in the study area or in its close vicinity, and the use of specific time periods related to the life cycle of the birds. Our significative results confirm the negative effect of mild winter, the negative effect of rainfall during brooding and hatching time, and the positive effect of high temperature during hatching time for the four populations in "lowland" of Europe : in Belgium, The Netherlands, North Germany and Central Germany (Rhön). The two other populations (Erzgebirge and North Pennines) present other caracteristics. To conclude, the climatic factors explain very well the observed fluctuations for the last twenty or thirty years, and the general decline of Black Grouse, observed even in protected areas, could be partly influenced by the new climatic trends. The species is suffering from the global climate change in addition to attacks on its habitat and tranquility. Its medium term survival in "lowland" areas depends on the improvement of its habitat's quality and carrying capacity, under all points of vue. Le tétras lyre est adapté à des climats rudes et à des hivers rigoureux et enneigés (climat boréal et montagnard). Ces conditions climatiques tendent à faire défaut dans les régions qu'occupe l'espèce en Europe occidentale et centrale. Le climat est reconnu comme le principal facteur extrinsèque qui agit sur les fluctuations de population, et une première étude a donné des résultats hautement significatifs à propos de son influence sur la dynamique de population du tétras lyre en Hautes-Fagnes (B). Dès lors, nous avons étendu l'étude à 5 autres populations géographiques de tétras lyres dispersées en Europe et suivies sur deux ou trois décennies : Sallandse Heuvelrug (NL), Lüneburger Heide (D), Lange Rhön (D), Satzung/Erzgebirge (D, frontière germano-tchèque) et le nord des Pennines (UK). La méthode d'analyse est une modélisation de Poisson par régression multiple pas à pas mettant en relation les fluctuations annuelles de la population et de certaines variables climatologiques locales. L'originalité de notre approche réside notamment dans l'utilisation de longues séries de données continues, et de paramètres climatologiques locaux propres aux régions étudiées et rapportés à des périodes critiques du cycle de vie des oiseaux. Les résultats statistiques significatifs que nous obtenons attestent l'effet négatif des hivers doux, l'effet négatif de précipitations abondantes en période de nidification et d'élevage des jeunes, et l'effet positif de températures élevées pendant cette même période pour les 4 populations "de plaines" d'Europe : Belgique, Pays-Bas, Allemagne du Nord et Allemagne centrale (Rhön). Les deux autres populations (Erzgebirge et Nord de l'Angleterre) présentent d'autres particularités. En conclusion, les facteurs climatiques expliquent très bien les fluctuations observées sur les vingt ou trente dernières années, et le déclin généralisé des tétras lyres constaté même dans les espaces protégés et soustraits à l'utilisation foncière, pourrait être en partie influencé par les nouvelles tendances climatiques. L'espèce souffre du réchauffement climatique global en plus des atteintes à son habitat et à sa tranquillité. Sa survie à moyen terme dans les régions de plaine tient à l'amélioration de la qualité et de la capacité d'accueil de son habitat sous tous leurs aspects. Das Birkwild ist einem rüden Klima mit starken und schneereichen Wintern angepasst (Borealisches Bergklima). Dieses Klima mangelt immer mehr in Mittel-und Westeuropa. Das Klima ist Hauptfaktor auf die Populationsschwankungen, und eine erste Untersuchung hat bedeutsamen aussergewöhnliche Resultate über seinen Einfluß auf den jährlichen Birkhuhnbeständen im Naturschutzgebiet Hohes-Venn gegeben. Infolgedessen haben wir die gleiche Methode der Modellierung in 5 anderen Birkwildpopulationen Europas anzuwenden. Dies über 2 bis 3 Jahrzehnte in folgenden Gebieten : Sallandse Heuvelrug (NL), Lüneburger Heide (D), Lange Röhn (D), Satzung/Erzgebiet (Deutsch/tchechischen Grenze) Nordpenninen (UK). Der Schwerpunkt unserer Untersuchungen basiert sich auf die Erschliessung von vielen Angaben über eine lange Zeitdauer, sowie die Parameterdarstellung des lokalen Klimas der Region im Vergleich mit den kritischen Phasen des Lebenszyklus der Tiere. Die Statistik ergibt einen negativen Einfluss der milden Winter, einen negativen Einfluss der Niederschläge während der Brutzeit und erste Wochen des Kükenlebens, sowie eine positive Auswirkung auf die Lebensweise bei erhöhten Temperaturen. (bei 4 Gebieten Europas, Belgien, Niederlande, Nord-Deutschland sowie Zentral-Deutschland). Die beiden Populationen des Erzgebirges sowie in Nord-England weisen andere Eigenschaften auf. Tatsächlich hat das Klima Auswirkungen auf Schwankungen der Population der letzten 20-30 Jahren. Selbst der Rückgang in den geschützten Gebicten könnte auf das Klima zurückzuführen. Die Wildart leidet unter der allgemeinen klimatischen Erwärmung, sowie der Beeinträchtigung des Lebensraumes und der Ruhestörung. Das Überleben in den Ebenen hängt mit der Verbesserung der Lebensräume ab. lun., 11 mars 2024 10:27:25 +0100 lun., 18 mars 2024 13:46:44 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=2073 Influence du climat sur l'évolution de la population de tétras lyres Tetrao tetrix dans les Hautes-Fagnes de Belgique de 1967 à 1996 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1890 L'étude présentée traite les données démographiques de la population fluctuante des petits coqs de bruyère des Hautes-Fagnes, obtenues par recensement printanier aux arènes, en les mettant en relation avec des données météorologiques locales, choisies pour leur influence connue sur la survie des oiseaux à différentes périodes du cycle vital de l'espèce. L'approche statistique utilisée est une modélisation sur base de régressions multiples appliquées à un modèle de POISSON, en utilisant le logiciel GLIM4. La dynamique étudiée couvre trente années de recensements (1967-1996). Les valeurs estimées par le meilleur modèle suivent exceptionnellement bien les valeurs observées sur le terrain. Les variables retenues qui expliquent le mieux les fluctuations de population du petit coq de bruyère dans les Hautes-Fagnes sont, outre la population mère : le climat des deux hivers précédents, traduit par la moyenne de la température minimale du 1er novembre au 31 mars (effet -) ; le climat de périodes supposées proches de l'éclosion, traduit par la température minimale moyenne sur 3 semaines à partir du 16 juin (effet +) et la somme des précipitations sur 3 semaines à partir du 1er juin (effet -) ; le climat de la période supposée d'incubation, traduit par le cumul des précipitations sur 4 semaines à partir du 19 et du 25 mai (effet – ou + respectivement) ; et le climat du mois de septembre, traduit par la somme des précipitations durant ce mois (effet -), toutes ces données concernant l'année qui précède l'année d'estimation. Les tétras lyres profitent d'hivers froids et supportent mal les hivers doux. Cette relation s'explique par le niveau très bas de leur métabolisme hivernal, adapté à une vie rythmée par le repos prolongé en igloo et les courtes périodes de recherche d'une nourriture alors de faible valeur énergétique. L'hiver est une épreuve éliminatoire pour les jeunes tétras, qui n'ont pas encore atteint le poids des adultes, et constitue par la suite la période la plus cruciale du cycle de vie des adultes. Nos résultats le confirment incontestablement pour la population des Hautes-Fagnes. Les tétras profitent d’un climat estival chaud et sec, pendant des périodes supposées couvrir les premières semaines de vie des poussins. En ce qui concerne les précipitations cumulées sur 4 semaines supposées correspondre à la période d'incubation, une étude ultérieure devra envisager l'ajustement du paramètre à des périodes plus courtes, pour déceler à partir de quelle date le signe change . Un mois de septembre pluvieux est néfaste aux tétras. Lorsque les valeurs estimées s'écartent plus ou moins des valeurs observées, d'autres facteurs que les variables climatiques prises en compte par le modèle ont été prédominants. Le modèle prévoit bien le sens des fluctuations observées, mais diverge avec plus ou moins d'intensité pour 5 années sur les 30, que ce soit dans un sens ou dans l'autre (1980, 1983, 1986, 1990, 1996). II est rassurant que ce modèle climatique ne concorde pas parfaitement, car il signifierait que les autres types de facteurs sont négligeables, ce qui paraîtrait aberrant face aux conclusions de nombreuses publications sur le sujet. S'il nous paraît raisonnable de négliger l'effet des maladies au profit des facteurs « qualité de l'habitat » et « dérangement », nous pouvons nous attendre à ce que le facteur « prédation », jugé négligeable au sein d'une population viable, ait peut-être plus d'impact ces 4 dernières années du fait de la grande densité des renards (prédateur opportuniste) et de la très faible densité des tétras (point le plus bas depuis 1967). Nous devons rechercher, pour les années de non-concordance, les événements ou phénomènes qui auraient pu marquer leurs effets, négatifs ou positifs : incendies, activités de gestion particulières ou manque de gestion, dérangement direct ou indirect par les promeneurs ou leurs chiens, les skieurs, les photographes… Ce genre d'informations demande un archivage régulier des faits constatés, par les gestionnaires, le personnel de surveillance, et les fagnards fréquemment sur le terrain. This study involves demographic data on the varying population size of Black Grouse living in the « Hautes-Fagnes » obtained during yearly spring censuses on their arenas. These are related to data on local meteorological conditions having a known influence on the survival of these birds during the various periods of the life cycle of the species. The data were modelled by POISSON multiple regression using the GLIM4 software. The dynamics studied cover a period of thirty years of censuses (1967-1996). The predictions from the best statistical model follow the observed values exceptionally well. The variables best explaining the changes in population size of the Black Grouse in the « Hautes-Fagnes » are, in addition to the mother population : the climate during the previous two winters as measured by the mean of the minimum temperatures from 1 November to 31 March (negative effect) ; the climate close to the period of hatching, measured by the mean minimum temperature during the three weeks starting on 16 June (positive effect) and the total precipitation during the three weeks starting on 1 June (negative effect) ; the climate during incubation, measured by the total precipitation during four weeks starting on the 19 and 25 May (negative and positive effects, respectively) ; and the climate during September, measured by the total precipitation during this month (negative effect). All of these data involve the year preceding that being studied. Black Grouse benefit from cold winters, standing badly the mild winters. This relationship is explained by the low level of their winter metabolism, adapted to a winter life based on long rests in igloos and short periods looking for food of low energy value. Winter acts as an elimination trial for the young grouse who do not yet have the adult weight. Later, this is also a crucial period of the life cycle of adults. Our results unquestionably confirm this for the population in « Hautes-Fagnes ». Black Grouse benefit from a warm dry summer climate during the periods covering the first weeks of life of the chicks. For the total precipitation over the four weeks covering the incubation period, a subsequent study will look at shorter periods to attempt to determine at what date the effect is reversed. A rainy September is bad for the grouse. When the predictions are far from the observed values, other variables than the climatic ones used in the model must dominate. The model predicts well the direction of the variation observed, but diverges more or less from the exact value in five of the 30 years, in one direction or the other (1980, 1983, 1986, 1990, 1996). It is reassuring that this climatic model does not agree perfectly with the observations because that would mean that all other factors are negligible, contradicting many publications on the subject. If it seems reasonable to ignore the effect of illness in favour of factors involving « quality of habitat » or « disturbances », the factor, « predation », thought to be negligible in a viable population, may have had more impact the last four years because of the higher density of foxes (an opportunistic predator) and the low density of grouse (the lowest point since 1967). For the poorly predicted years, we should look for events or phenomena that could have produced effects, positive or negative : fires, specific management activities or lack of management, direct or indirect disturbances by walkers or their dogs, skiers, photographers. This type o f information requires archives regularly fed by the facts noticed by foresters, wardens, naturalists as well as local inhabitants who are often in the field. mar., 20 févr. 2024 16:57:50 +0100 mar., 12 mars 2024 16:18:52 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1890 Évolution des populations du tétras lyre Tetrao tetrix L. en Europe : un essai de synthèse http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1869 1. - La petite population de tétras lyres des Hautes-Fagnes de Belgique est distante d'au moins 100 km des îlots populationnels subsistant dans les pays voisins, Pays-Bas et Allemagne principalement et, a fortiori, de ceux d'Europe centrale, des Alpes, de Fennoscandie et de Grande-Bretagne. Les populations des autres sites belges, encore occupés il y a deux décennies, ont aujourd'hui disparu. Cette petite population a réussi jusqu 'à présent à éviter l'extinction ; la Réserve Naturelle Domaniale des Hautes-Fagnes constitue donc le dernier refuge de l'espèce en limite occidentale de son aire de répartition continentale. Au cours des trois dernières décennies, les effectifs des coqs recensés au printemps sur les arènes de parade y ont fluctué dans des limites caractérisées par un pic exceptionnel d'abondance en 1971-72 (198 coqs), et un plancher de quelque 25 exemplaires au milieu des années 60 et 90, entrecoupés par des remontées plus ou moins marquées des effectifs au cours des années 70 et 80. La situation est aujourd'hui très préoccupante. 2. - Le profil des fluctuations de la population fagnarde présente bien des points communs avec celui d'autres populations qui ont été étudiées ailleurs en Europe, soit des variations régulières des effectifs s’inscrivant dans une tendance générale au déclin. Cette similitude avait déjà été esquissée dans une synthèse publiée en 1982. La masse de travaux consacrés aux populations sauvages et naturelles des tétras lyres, la qualité des données récoltées, les efforts consentis ici et là pour inverser la tendance à la baisse justifiaient qu'une nouvelle analyse soit faite des données de la bibliographie, et qu' une nouvelle synthèse en soit présentée au bénéfice de tous ceux qui s'impliquent dans des efforts de conservation de cette espèce. Les buts en sont de comparer plus finement la situation de notre population locale par rapport aux autres populations européennes, de façon à identifier les facteurs-clé affectant les effectifs, de préciser les priorités de recherche et d'affiner les outils de gestion et les politiques de conservation. 3. - Les populations de tétras lyre des régions nordiques se portent mieux que celles d'Europe occidentale et centrale qui s'apparentent à des petites populations insularisées, relativement éloignées les unes des autres. S'il est vrai que des tétras peuvent effectuer des déplacements de quelques dizaines de kilomètres, leur sédentarisme foncier ne laisse pas espérer des échanges spontanés entre les îlots qui subsistent ; plusieurs ont d'ailleurs disparu au cours des deux dernières décennies en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas ... Les facteurs responsables de cette situation, clairement identifiés par tous les chercheurs, sont : le morcellement, l'éparpillement, voire la disparition des sites habitables ; la modification de la structure des milieux indispensables à l’ensemble du cycle de vie des tétras ; l'évolution généralisée des habitats de type ouvert qu'affectionnent les tétras lyres vers des paysages fermés plus boisés ; l'augmentation consécutive des ongulés sauvages - cerfs et sangliers -, liés l'un et l'autre négativement aux effectifs des tétras du fait du piétinement et de la concurrence alimentaire exercée sur les éricacées ; la destruction dans les landes ouvertes des sites de nidification et la concurrence alimentaire exercée par le surpâturage dont sont responsables les trop fortes charges en ovins et bovins ; et, enfin , le dérangement lié aux activités humaines, essentiellement le tourisme estival et les sports de neige, ceux-ci se révélant spécialement néfastes. 4. - D'autres facteurs invoqués dans la littérature pour expliquer le déclin des populations sont : la pression de chasse, dans les pays où l'espèce n'est pas encore totalement protégée ; les maladies parasitaires, qui ne jouent un rôle que sous les très fortes densités ; la disponibilité en nourriture, qui dépend de la qualité de l'habitat, des conditions météorologiques, et de la concurrence avec d'autres herbivores ; le succès reproducteur insuffisant, le succès dépendant de la qualité de la nourriture disponible pour les poules au printemps, de la qualité du couvert où nicher, du temps qu'il fait lors de la croissance des jeunes ; l'introduction d'espèces concurrentes, comme le faisan, qui tend à occuper les mêmes niches. Notons que le climat n'a pas fait récemment l'objet d'études de longue haleine, et n'est pas désigné, dans les études publiées, comme un facteur de déclin à long terme des populations. Dans la majorité des études, la prédation n'est pas mise en cause comme facteur responsable du déclin des effectifs du tétras lyre. Des expériences n’ont pas réussi à mettre en évidence à ce sujet la responsabilité des corvidés, renards, rapaces. Une population saine doit d'ailleurs être à même de faire face aux pressions de prédation, qui jouent un rôle dans le maintien des qualités de l'espèce. Il reste que, dans le cas de très petites populations réduites à quelques dizaines d'exemplaires, la moindre capture, le moindre prélèvement effectués par un prédateur prennent une importance disproportionnée. 5. - S'agissant de telles petites populations, il existe des exemples de recouvrement et d'expansion inespérée des effectifs, à des niveaux supérieurs à ce qui était connu antérieurement dans ces régions, et ce par la grâce de modifications profondes, voulues ou fortuites - incendies, pluies acides ou tempêtes réouvrant des paysages boisés -, de la structure de l'habitat. Il faudrait – et certains le font avec succès - oser des mesures de restauration des habitats aussi radicales ! Rappelons que l’habitat favorable au tétras lyre est le milieu de transition entre le paysage ouvert de landes et tourbières et les premiers stades de recolonisation forestière. L'espèce affectionne spécialement les zones à Vaccinium et les landes à bruyères ; sorbiers, bouleaux, pins et mélèzes sont également appréciés et interviennent dans son alimentation, surtout en automne et en hiver. Un milieu trop boisé est néfaste par manque de végétation au sol où se nourrir et nicher, situation aggravée par la charge en ongulés sauvages ; un milieu trop ouvert, notamment les landes surpâturées par les ovins et bovins domestiques, est néfaste par manque de sites de nidification et possibilités de s'alimenter. L'habitat du tétras lyre, par définition constitué de stades de transition, était entretenu jadis par des activités agropastorales diluées sur de grandes surfaces. L'abandon de ces pratiques signifie un boisement irréversible, obligeant les gestionnaires de réserves naturelles à un entretien continu de la diversité des milieux. Celles-ci doivent pourvoir aux besoins vitaux des tétras à tous les stades de leur cycle annuel : aires de parade pour la rencontre des sexes et des accouplements ; zones de nidification et d'élevage des jeunes assurant couvert de protection et nourriture ; remises hivernales assurant une tranquillité absolue en période de stress énergétique ainsi que la nourriture indispensable pour y faire face. 6. - En conclusion, l'avenir du tétras lyre en Europe, et son maintien dans ses postes avancés en limite ouest de son aire de répartition, impliquent d' importants efforts de restauration de ses habitats sous tous les aspects indispensables à la satisfaction de ses besoins, et des mesures strictes propres à assurer sa tranquillité et sa sécurité, et ce, dans un cas comme dans l'autre, à tous les stades cruciaux de son cycle annuel : parade, nidification, élevage des jeunes, hivernage. The Black Grouse population of south-eastern Belgium is relatively isolated from other populations scattered over western and central Europe. lt has nevertheless succeeded in maintaining small numbers and so far in avoiding extinction. During the three past decades, numbers of cocks censused in spring in the Hautes-Fagnes have fluctuated with in limits characterized by an exceptional peak of two hundreds in 1971-72 and a floor of some twenty-five male individuals in the mid-sixties as well as now, with less pronounced recovering and lowering meanwhile. The situation of that local population is very similar to what has been observed in populations elsewhere in Europe : more or less regular fluctuations and a long lasting decline trend. We have therefore investigated the bulk of European papers published on the population ecology of tetraonid species. The aim is to update a previous review published in 1982, by comparing our local situation with other ones as well as with the global situation on the continent, in order to identify key factors affecting populations numbers, and finally, to precise research targets and improve conservation tools. Fragmentation and modifications of the habitats turning from open landscapes to more wooded ones, and disturbance by human activities - exploitation of peatland or of boreal and alpine forests, overgrazing in moorlands and development of recreational activities - are considered to be the main factors affecting level and survival of populations, particularly sensitive while nesting and wintering. Important charges of domestic or wild ungulates - sheep, cattle, red deer, boar - have negative effects. Tetraonid populations are considered able to resist interactions with predators - fox, raptors, corvids – but this is to be considered cautiously as far as very small relictual populations are concerned. Considering these different influences, any management programme aiming to enhance the populations of Black Grouse in Europe should pay attention to several actors to preserve or restore the quietness of the birds during all critical stages of their life cycle, and essentially during courting, nesting and over wintering. Finally, effects of short-term and long-term variations and evolution of climate are to be investigated over decades. mar., 20 févr. 2024 11:18:34 +0100 mar., 12 mars 2024 16:13:01 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1869 Quelques arthropodes de nos maisons http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1863 Cette contribution reprend le texte du catalogue et une partie des septante photos de l'exposition temporaire qui s'est tenue au Musée de Zoologie de l'Université de Liège (Directeur J.-C. Ruwet) du 22 novembre 1995 au 8 novembre 1996. Elle est conçue comme un aperçu des « bêtes », faciles à voir ou à reconnaître, qui pourraient se trouver dans la maison de tout un chacun à un moment donné. Elle se veut une trace modeste, un petit guide photographique présentant le portrait de quelques-unes des espèces les plus communément rencontrées dans les habitations. Gageons que le lecteur sera curieux d'apprendre à connaître et à distinguer ses hôtes éventuels. La réalisation d'une exposition et d'un catalogue sur ce thème était une réponse à l'ampleur des demandes d'identification qui nous sont adressées : près de 75 % concernent des arthropodes trouvés dans les maisons, insectes ou autres. Il est vrai que le sujet est finalement très peu vulgarisé. L'inauguration de l'exposition a expressément coïncidé avec la journée de commémoration du 100e anniversaire de la fondation du Cercle des Entomologistes Liégeois, association qui a son siège à l'Institut de Zoologie : une façon de marquer cet événement à notre manière… Les macro-photographies originales des différents animaux ont été sélectionnées parmi les clichés d'Éric Walravens, photographe naturaliste et zoologiste de formation. Certaines images, dont celles des blattes, ont été faites spécialement pour l'exposition. La puce mise à part, tous les animaux photographiés sont bien vivants, et en pleine possession de leurs moyens, selon le pur esprit naturaliste. Leur portrait est affaire de patience et de persévérance, autant que de qualité technique. Le professeur Louis De Vos, du laboratoire de Biologie animale de l'Université Libre de Bruxelles, a eu la bonté de réaliser pour l'occasion, au microscope électronique à balayage, des clichés des animaux morts que nous lui avions envoyés, ou de nous faire bénéficier de clichés existants (photos 15, 37, 39, 40, 41). Nous les remercions chaleureusement tous deux de nous avoir permis de disposer gracieusement de ce matériel, sans lequel l'exposition n'aurait pu être. Nous nous sommes volontairement limités aux animaux relativement faciles à voir ou à reconnaître, de façon à permettre au lecteur de se faire une idée lui-même des animaux qu'il héberge. Savoir comment ils vivent et de quoi ils se nourrissent permet de se rendre compte s'ils sont plutôt nuisibles ou utiles, s'ils sont de simples hivernants de passage ou installés à demeure… Nous avons délibérément écarté les acariens microscopiques (acariens de la farine, des lits, des maisons, du fromage, des volailles, et tous ceux qui n'ont pas de nom français) et les insectes vraiment très petits (psoques, collemboles, mallophages et poux). Les nombreux animaux qui s'attaquent au bois sont peu représentés ici : les espèces de petite taille doivent être identifiées au microscope, et les grandes, comme les capricornes, sont peu fréquentes. Des mesures préventives et curatives élémentaires sont rappelées pour terminer. Il va de soi que nous restons au service des personnes qui voudraient en savoir davantage. This contribution relies on the catalogue text and on a choice of photographic prints presented during a temporary exhibition held at the Zoological Museum of the Liège University, from the 22th November 1995 to the 8th November 1996. lt is designed as a sight of the « beasts », easy to see or to recognize, which should be found in everybody's house at a given time. It is thought as a modest track, a short photographic guide showing the portrait of some species among those the most commonly to be found in houses. Let us bet that readers will be curious to see and will learn more to distinguish their potential hosts. The realization of an exhibition and of a catalogue about this matter is an answer to the extent o f identification requests which have been addressed to us till that time. Almost 75 % were concerning arthropoda, insects or others, found in houses. It is right to say that this subject is rather less popularized. The opening or the exhibition has expressly coincided with the commemoration of the 100th founding birthday of the Cercle des Entomologistes Liégeois (« Circle of Liège Entomologists »), association which has its quarters at the Zoological Institute : our way to mark this event. The original macro-photographs of the different animals have been selected from the collection of Eric Walravens, naturalist photographer and zoologist. Some of the pictures, like those of the cockroaches, have been especially made for the exhibition. Except the flea, all the animals represented are well alive and at the peak of their abilities, according to the pure naturalist spirit. A successful portrait needs quite a patience and perseverance business, as much as technical quality. Some pictures have been taken under electronical microscope by Louis De Vos, professor at the Animal Biology Department of the Brussel Free University (ULB), from dead animals sended to him for the occasion, or from his collection (photos 4, 16, 38, 40, 41 et 42). We thank gratefully them both for their gratis participation. Without their materiel, the exhibition should not have been conceivable. Deliberately, we eliminated the microscopic mites and the tiny insects, and we limited us to animals relatively easy to see or to recognize by the reader. To know how they live and what they eat allows to realize if they are rather undesirable or rather useful, if they are simply wintering indoor, or installed for ever in the house. The numerous wood-eating animals are not showed here. The tiny species must be identified under microscope and the big ones, like capricorn beetles, have become very rare. In conclusion, we recall some elementary actions, either preventive or curative. Of course everybody may call us to know more about. ven., 16 févr. 2024 16:24:32 +0100 mar., 12 mars 2024 16:00:12 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1863 Préface, avant-propos, introduction, conclusions de la conférence http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1614 lun., 05 févr. 2024 14:40:49 +0100 lun., 05 févr. 2024 14:40:58 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1614 Reconstruire la nature : le cas de la nouvelle gravière de Lanaye en Meuse belgo-néerlandaise http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1232 Au cours des septante dernières années, la région de Lanaye, à la frontière belgo-néerlandaise, a été le témoin de grands travaux hydrauliques qui se traduisirent, notamment, par la construction du canal Albert et par d'importants travaux de rectification du cours de la Meuse, lesquels engendrèrent l'isolement de méandres. L'un de ceux-ci, la « Vieille Meuse » de Lanaye (un plan d'eau d'une superficie de 4 ha bordé de près de 3 ha de terrains) est devenu, en quelques années, une zone d'un grand intérêt biologique. Au vu des nécessités économiques actuelles, ce site est aujourd'hui menacé, en tout ou en partie, par les travaux d'expansion du complexe éclusier voisin. Dans le souci de sauvegarder les écosystèmes présents dans cette partie de la vallée mosane, le Ministère wallon de l’Équipement et des Transports (M.E.T.) a fait creuser, dès 1986, un site de substitution, la « nouvelle gravière de Lanaye », située quelque 500 mètres en amont du précédent. Le plan d'eau a une superficie globale de 3,9 ha et est entouré de terrains couvrant 1,6 ha. En 1993, le M.E.T. a fait appel au Service d’Éthologie de l'Université de Liège pour comparer les richesses biologiques respectives des deux sites ainsi que pour établir un plan d'aménagement et de gestion de cette nouvelle gravière. L'ensemble des travaux menés en 1993 et 1994 a fait l'objet d'une publication dans un précédent volume des cahiers d’Éthologie auquel nous renvoyons le lecteur pour de plus amples informations (Keulen, Loneux, Poncin, Ruwet, 1995, Cah. Ethol. 14 [1-2-3]). Les inventaires biologiques réalisés montrent notamment que c'est l'intrication des différents milieux semi-naturels disposés en ceinture ou en mosaïque autour du plan d'eau qui est à l'origine de la remarquable biodiversité du site de la « Vieille Meuse ». La nouvelle gravière, quant à elle, se révèle parfaitement à même de reproduire au fil du temps la mosaïque de milieux semi-naturels observée sur l'ancien site et partant, sa diversité floristique et faunistique. Pour que le processus de colonisation végétale ne soit pas enrayé par les activités humaines (pêche, promenade, activités naturalistes...), il s'est avéré indispensable de dresser un plan d'aménagement et d'occupation du site permettant notamment de cantonner le public à certains endroits. Différents travaux ont ainsi été menés en 1994 : créations de chemins, d'emplacements de pêche encadrés de bouturages, plantations de haies, de plantes amphibies… Rapidement il est apparu, aux yeux de toutes les parties concernées, qu'il était nécessaire d'établir un suivi scientifique de l'opération afin, notamment, de tester l’efficacité des aménagements réalisés et des mesures proposées ; aussi le M.E.T. a-t-il conclu en 1995 un nouveau contrat avec le Service d’Éthologie. La façon dont les aménagements ont été compris et respectés a été au centre des préoccupations, au cours des deux dernières saisons de reproduction. Les résultats des observations montrent que, globalement, la satisfaction est de mise. À titre d'exemple, la technique de création de chemins et d'emplacements de pêche semble probante puisqu'un des objectifs primordiaux est en bonne voie de réalisation, à savoir la reconstitution d'un cordon rivulaire d'arbustes et de plantes amphibies propices à la nidification des oiseaux d'eau et au frai des poissons. Il faudra néanmoins attendre quelques années encore pour que ces arbustes puissent remplir leur rôle de refuges. Les actes de vandalisme commis à l'égard des plantations, des panneaux d'information ou d'autres infrastructures mitigent néanmoins le succès de l'opération et démontrent clairement la nécessité d'une surveillance accrue du site. Le respect de la propreté de l'endroit reste aussi un point préoccupant. Enfin, les différents problèmes soulevés par la circulation des embarcations, sans cesse plus nombreuses sur le plan d'eau, ainsi que de leur amarrage, montrent la nécessité de débattre rapidement des conditions dans lesquelles ceux-ci doivent s'effectuer. Le nouveau contrat conclu avec le M.E.T. prévoyait aussi un suivi des études consacrées à la flore et à la faune sur le site-même de la nouvelle gravière. Toutes les observations réalisées montrent la bonne progression de la colonisation végétale et animale. Les crues « exceptionnelles » de 1993 et 1994, ont accéléré encore ce processus par l'importance des alluvions déposées sur les berges et l'île de la nouvelle gravière. Avec le boisement du site, la composition de l'avifaune évolue de manière perceptible. Par ailleurs, pour pallier aux critiques formulées quant à la superficie, relativement restreinte du site de la nouvelle gravière, le M.E.T. a demandé au Service d’Éthologie d'étendre les propositions d'aménagement à une pâture de 3 ha, la jouxtant en rive gauche (en aval du village). Le choix des chercheurs s'est porté vers la reconstitution, sur ce terrain, de milieux semi-naturels autrefois communs dans la région mais aujourd'hui rares ou disparus. La création d'un chapelet de mares, d'un verger d'arbres haute-tige issus de variétés anciennes, de haies ou d'alignements de saules têtards, 1'aménagement de micro-falaises pour la vie sauvage,... ont été proposés. Parallèlement aux études de terrain, un programme d'information et de vulgarisation dirigé par le Service d’Éthologie et mené par l'asbl FERN (Faune Éducation, Ressources Naturelles) a vu le jour. Il s'est concrétisé par la réalisation d'une exposition itinérante (dix panneaux didactiques), de deux films vidéo, d'une plaquette richement illustrée, d'un dépliant. Des panneaux d'information placés sur le site ont également été conçus. Le but de ce volet de vulgarisation est de conscientiser tout qui fréquente le site à la complexité et à la fragilité des communautés biologiques qu'il héberge. jeu., 01 févr. 2024 10:54:48 +0100 mar., 12 mars 2024 13:10:49 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1232 Contribution à l'étude de la migration du pinson des arbres Fringilla coelebs L. 1758 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1073 Cette étude utilise diverses données réunies sur le pinson des arbres (Fringilla coelebs L.) au cours d'une intense campagne de baguage de deux mois, pendant la migration automnale en 1984. Dans un premier temps, nous avons décrit le déroulement de la migration de l'espèce, d'abord tel que nous l'avons observé de visu sur le site de capture, ensuite tel qu'il apparaît pour chaque catégorie d'âge et de sexe notamment d'après l'évolution du nombre des captures quotidiennes. Nous avons comparé ces résultats et les avons mis en relation avec l'évolution des conditions météorologiques relevées chaque jour sur le site de capture. Nous avons ainsi établi que, en 1984, les jeunes oiseaux sont passés avant les adultes et les femelles avant les mâles, et que, le vent étant de direction constante, c'est la pluviosité qui semble déterminer l'intensité migratoire. Dans une seconde phase, nous avons fait l'analyse biométrique d'un lot de quatre cent vingt-six pinsons des arbres, par la méthode des composantes principales. Outre un dimorphisme sexuel prononcé en faveur des mâles, celle-ci nous a dévoilé l'existence de groupements, aux caractéristiques biométriques distinctes et surtout à période de passage différente. Ces groupes se chevauchent de manière plus ou moins marquée. L'accent est mis sur l'importance des résultats du premier volet de l'étude dans l'interprétation des nuages de points observés dans le second. L'interprétation des composantes-mêmes est spéculative : les variations clinales reconnues chez le pinson des arbres et le caractère plus ou moins migrateur, tel qu'il est perçu des résultats de divers auteurs, ne suffisent pas pour expliquer les tendances observées. Des différences entre groupes successifs de migrateurs sont confirmées par la représentation graphique de moyennes mobiles pondérées de l'index de forme de l'aile (Holynski, 1965), dont l'interprétation su it la règle de Rensch (1938). Nous devons toutefois conclure à l'impossibilité d'attribuer une origine géographique exacte aux différents groupements d'oiseaux reconnus. Nous exposons quelques projets d'études complémentaires susceptibles d'apporter des précisions. This work is based on the analysis of autumnal data collected during an intensive two-month bird ringing campaign organized near Liège in 1984. At first we remind the reader of some features and results related to the study of avian migrations in general, and to the chaffinch Fringilla coelebs in particular. This information, gathered from an abundant literature, is essential to the good understanding of our own results. We then deal with three aspects of the data we collected during the fall migration, 1984. The first one describes the visible migration evolution of the chaffinch, as we watched it on the field and as it appears for each age and sex class following the evolution curve of the daily number of catches. Furthermore, we compare these results and relate them to the evolution of the meteorological conditions, which have been logged daily on the capture site. Thus, we ascertain that in 1984 the young birds are passing by before the adults and the females before the males (X2 test) and that for a given wind direction the migration intensity is determined by rainfalls. The second aspect is a biometrical principal components analysis of a group of four hundred and twenty-six chaffinches. Besides a strongly marked sexual dimorphism in favour of the males this analysis revealed groups, independently from individual age and sex. These groups differ from each other in biometric characteristics and especially in their period of migratory passage. The groups are obviously more or less overlapping. The results of the first aspect are emphasized in the interpretation of the clusters observed on the diagrams. The interpretation of the separating factors is of speculative nature : the wellknown clinal variations and the more or less pronounced migratory habits of the chaffinch as disclosed in the literature are not sufficient to explain the observed trends. Finally, a plot of the daily weighted averages of the wing shape index (Holynsky, 1965), interpreted according to Rensch (1938) confirms beyond any doubt the differences between successive groups of migrators. We briefly advocate this interesting graphical method in this kind of investigations. However in spite of these stimulating results, we have to conclude that exact determination of the geographic origin of different observed groups is by now impossible. Some suggestions are presented for the planning of further studies which might contribute to greater precision mer., 31 janv. 2024 15:11:28 +0100 mer., 31 janv. 2024 15:11:43 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=1073 La biodiversité : une étude de cas. Le site de Lanaye en Meuse belgo-néerlandaise http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=374 Les noues ou bras morts des cours d'eau navigables recèlent très souvent une grande richesse biologique. Tel est le cas de la « Vieille Meuse » située à Petit-Lanaye, à la frontière belgo-néerlandaise, entre Visé et Maastricht, à quelques centaines de mètres à peine des installations industrielles de la grande ville néerlandaise. Ce plan d'eau trouve son origine dans les grands travaux hydrauliques qui, dès le l9ème siècle, transformèrent profondément le paysage de cette région. En effet, de 1947 à 1987, dans la région de Lanaye, d'importants travaux de génie civil modifièrent considérablement le paysage de la plaine alluviale initiale et ce tant en Belgique qu'aux Pays-Bas. La rectification de la Meuse mitoyenne entraîna notamment, dans le courant des annécs 1960, le recoupement de deux méandres. Le site de la « Vieille Meuse », ancien méandre à gauche, fut alors définitivement isolé du cours nouveau du fleuve par le dépôt de masses de graviers et de terre, en sa rive droite. Les travaux réalisés apportèrent ainsi un remaniement important du lit et des berges du méandre initial, le privant en outre de toute alimentation en eau par l'amont. Toutefois, à la demande des associations de pêcheurs (« Syndicat des Pêcheurs en Eaux Banales », « Fédération des Pêcheurs de la Basse Meuse liégeoise »), les services de la « Direction des Voies Hydrauliques de Liège » maintinrent un étroit chenal de communication avec la Meuse vers l'aval. Trente années après ce remaniement, le site se révèle d'un grand intérêt biologique. Cette richesse naturelle était pourtant en sursis puisqu'il s'avérait, dès le départ, que la construction projetée d'une quatrième écluse à Lanaye détruirait, totalement ou partiellement, le site reconverti. En 198-5, heureusement, le creusement d'une nouvelle gravière quelques centaines de mètres en amont allait se révéler apte, dès sa conception, à recueillir les populations de plantes et d'animaux contraintes de chercher ailleurs le « gîte et le couvert ». Depuis une trentaine d'années, le Service d’Éthologie de l’Université de Liègc se consacre à l'étude du comportement et de la dynamique des populations des animaux sauvages et de leurs habitats, ainsi qu'à leur protection. Au cours des sept dernières années, une partie de ces travaux ont eu pour cadre le site de la « Vieille Meuse » à Lanaye. Fort de sa connaissance du site d'une part, et de son expérience en ces matières, d'autre part, le Service d’Éthologie a fait une offre de service au MET, se proposant à évaluer la richesse de la biodiversité sur le site de la « Vieille Meuse » et de proposer un plan d'aménagement de la nouvelle gravière afin de lui faire jouer le plus rapidement possible son rôle de site de substitution. Dans un premier temps, les travaux réalisés en 1993 ont donc eu pour principal objet de compléter les données relatives aux populations d'oiseaux présentes sur les deux sites et, surtout, d'aborder de manière plus approfondie les autres volets de la recherche, à savoir : un inventaire des plantes et une étude de la répartition de leurs associations : un inventaire général et la caractérisation des habitats des oiseaux ; une caractérisation des sites de frai et un recensement des populations de poissons ; un recensement des populations de batraciens ; l'intégration de ces données avec celles existant pour d'autres groupes d'animaux (insectes, mollusques d'eau douce, mammifères...) ; l'évaluation de la diversité biologique du site de substitution et la définition des grandes lignes de son plan d'aménagement. Les résultats sont éloquents. Sur une surface relativement restreinte (6,8 hectares) s'est différenciée, en quelques décennies, une série de milieux semi-naturels : bois alluvial, bois sur sol frais, oseraie, prairies humides, prairies sur sol frais et zones buissonnantes, etc. C'est l'intrication de ces différents milieux semi-naturels, disposés en ceinture ou en mosaïque autour du plan d'eau, qui est à l’origine de l'incroyable richesse biologique du site de la « Vieille Meuse ». Dans ces sept grands milieux, plus de 300 espèces de plantes ont été recensées, près de 130 espèces d'oiseaux y ont été dénombrées, dont 52 sont nidificatrices. Le plan d'eau est par ailleurs une frayère importante pour une dizaine d'espèces de poissons: brème, carpe, perche, sandre, gardon, rotengle, brochet… Sur l’ensemble du site, des insectes, des mollusques, des batraciens, des reptiles et des mammifères abondent, parmi lesquels quelques espèces rares ou menacées de disparition en Wallonie. Cette richesse floristique et faunistique indéniable a été comparée à celle observée sur le site de la nouvelle gravière. Sur cette dernière, la colonisation végétale n'est pas encore aussi engagée, mais globalement, les capacités d'accueil du milieu sont comparables. Sur base des différents relevés et observations réalisés en 1993 et au cours des années antérieures, le Service d’Éthologie propose les grandes lignes d'un plan d'aménagement et de gestion du site de substitution afin d'assurer la pérennité de la biodiversité du site de la « Vieille Meuse » et la cohabitation de ses utilisateurs actuels (pêcheurs, naturalistes, promeneurs). A titre d'essais différents travaux d'aménagements ont ainsi été réalisés début 1994, sous surveillance scientifique, par l’asbl « GENET - interservice ». Parallèlement aux études de terrain, un projet d'information et de vulgarisation, dirigé par le Service d’Éthologie, est mené par l'asbl « FERN » (Faune, Éducation, Ressources Naturelles), partenaire au projet. Il veut attirer l'attention du public sur la complexité et la fragilité des communautés biologiques. Il s'adresse particulièrement aux promeneurs, naturalistes, ornithologues, pêcheurs, enseignants, enfants des écoles et aux associations culturelles. Il s'est concrétisé par la réalisation d'un film vidéo et de huit panneaux didactiques pouvant constituer une exposition itinérante. The rivers' backwaters are usually characterized by the richness of their fauna and flora. Such is the backwater locally called « Vieille Meuse ») near Liège (between Visé and Maastricht), at the border of the Netherlands. Since the ninetecnth cenlury the landscape of the alluvial plain has been deeply modified following on tremendous works. For instance the site called « Vieille Meuse » originates from a meander which has been cut off from the river Meuse thirty years ago, with a breakwater on its right side. At that time, fishermen’s societies requested for the maintenance of a narrow channel allowing passage of the water from the lower parts of the main river. Thirty years later, the place appeared as a site of high biological interest. However, this didn't prevent the Administration of Public Works from deciding thc construction of a new lock at that place. In 1985, a new gravel-pit was digged out to offer a replacement site for the threatened « Vieille Meuse » where flora and fauna of the meander should be best protected. For the ten last years, the Ethology Laboratory of the University of Liège (Prof. J.-Cl. Ruwet) has been studying the richness of wildlife of the site « Vieillc Meuse ». It has been officially requested by the Ministry of Public Works (Hydraulic Engineering) to produce an inventory of the biological diversity of the site, and to recommend a plan for the setting up of the new gravel-pit. Accordingly, during the whole year 1993, scientists studied the fauna and the flora of the both sites (the former meander and the new gravel-pit). They have clearly described and caracterized the main birds' habitats and the main spawning sites of fishes. The results of these studies are most interesting. As a matter of fact, about seven various semi-nalural sites have developped on this relatively confined area (6,8 hectares). Biologists were able to identify more than 300 species of plants and about 130 species of birds, 52 of them beinq nesting species. The reach appeared as an important spawning site for about ten species of fish. All over the site, insects, arachnida, mollucs, batrachians, reptils and mammals are abundant. Some of them belong to the list of the threatened species in Wallonia. ln comparison with the undeniable richness of wildlife on the site « Vieille Meuse », the growning vegetation of the new gravel-pit isn't yet so lush but the characteristics of the various habitats are quite identical. So, the Ethology Laboratory worked out a management plan of the gravel-pit in order to protect, as much as possible the biodiversity of the « Vieille Meuse ». Some of these proposals were tested during winter 1994 and carried under scientific supervision of the NPMA « G.E.N.E.T.-Interservice ». Another partner society, FERN, is in charge of popularizing the experience and of emphazing the fragility of the biodiversity. With this aim in view, a video film and eight didactic panels were created. mar., 23 janv. 2024 16:20:56 +0100 mar., 23 janv. 2024 16:21:15 +0100 http://popups.uliege.be/2984-0317/index.php?id=374