BASE

Biotechnologie, Agronomie, Société et Environnement/Biotechnology, Agronomy, Society and Environment

1370-6233 1780-4507

 

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Irénée Kamdem, Kodjo Tomekpe & Philippe Thonart

Production potentielle de bioéthanol, de biométhane et de pellets à partir des déchets de biomasse lignocellulosique du bananier (Musa spp.) au Cameroun

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Annexes

Editor's Notes

Reçu le 12 février 2010, accepté le 7 décembre 2010

Résumé

Comme la plupart des pays africains producteurs et exportateurs de bananes, le Cameroun est confronté à un déficit énergétique majeur. Pourtant, le pays génère une importante quantité annuelle de déchets de biomasse lignocellulosique de bananiers inexploités. Ces déchets représentent environ 4 500 000 tonnes de matière fraiche, soit 402 750 tonnes de matière sèche contenant 80,57 % de matière organique. S'inscrivant dans une logique de développement durable lié au contexte de la protection de l'environnement, la biotransformation de ces déchets produirait potentiellement environ 93 800, 92 133 et 447 500 tonnes de bioéthanol, de biométhane et de pellets, respectivement. Tout en contribuant à la réduction du déficit énergétique et à la création de nombreuses opportunités d'emplois, l'exploitation de ces énergies renouvelables ou biocarburants constituerait de nouveaux débouchés devant assurer une importante source de revenus aussi bien aux cultivateurs de bananes qu'au pays tout entier.

Mots-clés : Cameroun, biomasse, biocarburants, énergie, Musa (bananes)

Abstract

Potential production of bioethanol, biomethane and wood pellets from lignocellulosic biomass wastes of the banana plant (Musa spp.) in Cameroon. Like most African countries who are producers and exporters of banana, Cameroon is facing a major energy deficit. Yet, the country is generating annually about 4,500,000 tons of fresh banana plant lignocellulosic waste biomass matter equivalent to 402,750 tons of dry matter. The dry matter contained about 80,57% organic matter which are not exploited. Under the sustainable development, which is linked to environmental protection, the biotransformation of these residues can potentially produce about 93,800; 92,133; 447,500 tons of bioethanol, biomethane and pellets respectively. The waste transformation could reduce the energy deficit and create jobs opportunities. Productions of this renewable energy or biofuel also constitute a new area which could assure an important source of income for the banana cultivators and the entire country.

Keywords : Cameroon, biomass, energy, Musa (banana), biofuel

1. Introduction

1De nos jours, les changements climatiques, la dégradation et la pollution de la biosphère deviennent un sujet de préoccupation majeure dans un contexte d'explosion démographique, de menace de la sécurité alimentaire, d'industrialisation galopante et de demande d'énergie sans cesse croissante. Cette énergie, qui a rendu possible le développement industriel dans plusieurs régions du monde, est mal et sous-exploitée en Afrique en général et au Cameroun en particulier.

2Potentiellement riche en ressources d'énergies renouvelables et plus particulièrement en biomasse végétale, le Cameroun possède paradoxalement une très faible consommation énergétique par rapport à la moyenne africaine qui est de 0,6 tep par habitant. D'après Nkue et al. (2009), la consommation finale d'énergie au Cameroun, rapportée à la population nationale, était de 0,29 tep par habitant en 2006. En énergie traditionnelle (biomasse), ce ratio est de 0,23 tep par habitant.

3Le bois de feu, surexploité et considéré comme source d'énergie du pauvre, est resté longtemps oublié de la comptabilité énergétique nationale. L'électricité reste un luxe auquel ne peuvent accéder les populations défavorisées des milieux ruraux dont le niveau de pauvreté est d'environ 70 %. Selon l'Agence d'Électrification Rurale (AER) citée par Wandji (2007), seulement 2 010 localités rurales camerounaises sur un total d'environ 7 500 dont la population est supérieure à 200 habitants, bénéficiaient du courant électrique en 2003. Il ressort de ces statistiques qu'une importante tranche de la population ne dispose pas de revenus suffisants pour payer sa facture d'électricité, malgré les multiples problèmes d'approvisionnement et les délestages intempestifs. Ceci se traduit par une forte utilisation du bois-énergie et du kérosène. Les milieux ruraux se caractérisent ainsi par une faible pénétration des énergies modernes (sous forme de kérosène et rarement d'électricité). Ces dernières servent essentiellement à l'éclairage, les autres besoins énergétiques étant desservis par le bois-énergie.

4Grands consommateurs énergétiques au travers de ses activités économiques, les milieux urbains souffrent aussi de multiples problèmes énergétiques. Depuis la privatisation de la Société Nationale d'Électricité du Cameroun (Sonel), ses performances sont manifestement médiocres. C'est ainsi que les habitants de certaines agglomérations de plus de 60 000 habitants sont restés jusqu'à 55 jours par an sans alimentation en énergie électrique (Wandji, 2007). À Yaoundé et Douala, les deux principales métropoles du pays, les interruptions intempestives de courant électrique sont allées grandissant au fil des années.

5Les enjeux énergétiques sont nombreux au Cameroun. Selon les études d'Ongono (2009), une augmentation de 1 % du PIB dans le secteur industriel entraine une augmentation de 0,3 % de la consommation d'énergie ; et lorsque la consommation d'énergie augmente de 1 %, la croissance dans le secteur des services s'améliore de 0,6 % environ. Ainsi, le pays fait face à une demande d'énergie qui croît sous le cout du développement et de la pression démographique. L'inévitable épuisement des réserves de pétrole dont la production baisse depuis 1986 (Wandji, 2007), la déforestation massive pour la production d'énergie traditionnelle et la dépendance des grandes métropoles (Yaoundé et Douala) vis-à-vis des énergies fossiles pour la motorisation, embarrassent de plus en plus les autorités publiques. Girod (1994) affirme que près de 70 % de la population camerounaise utilise du bois issu de la déforestation pour satisfaire ses besoins énergétiques ; plusieurs régions, notamment au nord du pays, sont confrontées à des problèmes de déficit en bois de feu. Les enjeux suscités exigent des solutions qui devront répondre au développement durable pour ne pas compromettre l'avenir des générations futures.

6Le Cameroun, en tant que pays à revenu essentiellement agricole, est le premier producteur et exportateur de bananes à dessert en Afrique (Lassoudière, 2007). Par conséquent, il est le premier générateur africain de déchets de bananiers.

7Vu l'immensité du potentiel en nouvelles énergies renouvelables que possède le Cameroun, dans un souci de préservation de la sécurité alimentaire, nous nous limiterons à la biomasse lignocellulosique et plus précisément celle du bananier (Musa spp.) ; le but de notre étude étant de contribuer à la protection de l'environnement à travers la lutte contre la déforestation massive et la participation au développement durable du Cameroun. Ce but sera atteint par la mise en exergue du potentiel énergétique des déchets de biomasse lignocellulosique du bananier dans le cadre d'une transformation en biocarburants de seconde génération (bioéthanol, biométhane et pellets ou granulés de bois). Dans un premier temps, nous présenterons brièvement le Cameroun. Nous enchainerons avec la description du bananier et la production de la banane. Suivie d'une conclusion, la dernière partie fera l'objet de la valorisation énergétique potentielle par biotransformation des déchets de biomasse lignocellulosique du bananier.

2. Le Cameroun et le bananier

2.1. Présentation du Cameroun

8Le Cameroun a la forme d'un triangle et est situé en Afrique centrale au fond du golfe de Guinée. Il s'étire entre les 2e et 13e parallèles de latitude Nord et les 9e et 16e parallèles de longitude Est. Le tableau 1 présente la compilation des données chiffrées du pays issues de plusieurs publications. Ces données sont relatives à la population, l'économie, l'énergie, la végétation et la production de bananes et bananes plantains.

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2.2. Description sommaire du bananier

9Originaire d'Asie du Sud-Est, le bananier est une herbe géante appartenant à la famille des musacées, ordre des Zingibérales (Scitaminales). Monocotylédone de grande taille sans tige végétative et à fleurs zygomorphes, il est composé de plusieurs organes morphologiques de taille et de constitution chimique variables :

10– La tige souterraine, improprement appelée bulbe, est le centre vital du bananier. Elle est le lieu de formation des racines, des feuilles et de l'inflorescence. C'est à ce niveau que se différencient les rejets assurant la pérennité naturelle de l'espèce ;

11– Le pseudo-tronc ou faux tronc résulte de l'imbrication des gaines foliaires les unes dans les autres ;

12– Dans certains cas, son limbe foliaire possède une longueur de 5 m et une largeur de 1,1 m (Champion, 1967). Le système foliaire est très développé et sa structure présente des particularités liées aux contraintes de l'alimentation hydrique (Lassoudière, 2007) ;

13– L'inflorescence se forme au niveau de la tige souterraine, parcourt tout le centre du faux tronc avant son apparition à l'extérieur de la plante. Les fleurs femelles forment le régime de bananes qui constituent la partie comestible (Champion, 1967).

2.3. Production de la banane à dessert et à cuire au Cameroun

14La tendance habituelle consiste à ne prendre en compte que la banane à dessert (essentiellement du sous-groupe Cavendish) lorsqu'on parle de production et de commerce de banane. Selon Lassoudière (2007), les bananes dites « à dessert » représentent 56 % de la production mondiale, mais plus de 97 % des exportations ; les bananes à cuire, quant à elles, correspondent à 44 % de la production totale de bananes.

15Le Cameroun est le premier producteur et exportateur de bananes en Afrique juste avant la Côte-d'Ivoire (Lassoudière, 2007). Selon les statistiques de la FAO (2006), les exportations de bananes dessert du Cameroun étaient estimées à environ 300 000 tonnes en 2003 et en 2004. Selon la même organisation, deux grands groupes dominent le secteur de la production de bananes dessert au Cameroun : la Compagnie fruitière de Marseille (groupe Dole, 46 %) et la CDC (société d'état, en partenariat avec Del Monte Cameroon, 41 %). Un troisième opérateur (groupe SPM, 13 %) s'est installé plus récemment et est en pleine croissance. La principale destination d'exportation de bananes dessert est l'Union européenne. La production paysanne est destinée aux marchés locaux et sous-régionaux. Les bananes à cuire (plantains et autres) quant à elles ne font pas encore l'objet d'une production à l'échelle industrielle. Leur production concerne principalement les paysans.

16Programme de reconversion économique de la filière banane plantain (Prébap) au Cameroun. En décembre 2008, le Cameroun a lancé un projet dénommé Programme de reconversion économique de la filière banane plantain (Prébap). Ce dernier vise le développement de la filière banane plantain et le transfert aux principaux acteurs du savoir et du savoir faire en matière de techniques modernes de production, de transformation et de commercialisation des variétés améliorées de la banane plantain. Dans sa phase d'extension débutant en 2011, le Prébap prévoit de faire passer en cinq ans la production annuelle de plantain à 4 millions de tonnes, ce qui aboutirait à une surproduction des déchets du bananier.

17Estimations des déchets du bananier produits au Cameroun. Après la récolte des fruits du bananier, une importante partie de la biomasse est généralement abandonnée dans des bananeraies ou gaspillée par incinération. Constituée essentiellement d'organes non souterrains, cette biomasse non valorisée se regroupe principalement en cinq parties morphologiques (limbes, nervures/pétioles, gaines foliaires, hampe du régime/rachis, tige florale). Suivant les calculs effectués sur base des données publiées par Lassoudière (2007), Vargas et al. (2005), ladite biomasse représente plus de la moitié (52,85 %) de la biomasse humide totale de la plante. Les bananes (fruits récoltés et commercialisés) représentent quant à elles 34,65 % ; le reste (12,5 %) étant représenté par la tige souterraine et les racines. Il en ressort que :

18– les déchets représentés par les parties morphologiques aériennes de la plante représentent (en biomasse humide ou fraiche) environ 1,5 fois les fruits commercialisés ;

19– les déchets de toutes les parties morphologiques non commercialisées (tige souterraine et racines comprises) représentent quant à eux environ 2 fois les fruits commercialisés (en biomasse humide ou fraiche).

20Ainsi, une production annuelle de 2,25 millions de tonnes de bananes et plantains au Cameroun (FAO (2002)1 cité par Emaga et al. (2007)) signifierait la génération de 4,5 millions de tonnes de déchets de bananier humide. Et pour une production de 4 millions de tonnes de plantain, comme le prévoit le Prébap, on aurait environ 8 millions de tonnes de déchets. Ces déchets seraient nettement plus importants si on prend en compte toute la végétation découlant de la souche mère. Ainsi, d'après Reddy et al. (2003), chaque hectare de bananeraie génère annuellement environ 220 tonnes de déchets humides (rejets et rejetons compris). À noter, selon Uma et al. (2005), que la biomasse lignocellulosique des bananiers du groupe génomique AAB serait plus riche en matière sèche et en fibres que celle du groupe génomique AAA. Nous n'avons pas trouvé dans la littérature les données relatives à la composition chimique détaillée de la tige souterraine/racines (parties morphologiques souterraines). Néanmoins, certaines études montrent que cette partie morphologique serait riche en amidon. Nous pourrions assimiler sa composition chimique à la moyenne des compositions chimiques de déchets constitués par l'ensemble des cinq parties morphologiques précédemment citées.

21Lassoudière (2007) d'une part et Oliveira et al.(2007) d'autre part, ont publié les données portant sur la composition chimique de certaines parties morphologiques de bananiers du sous-groupe Cavendish (groupe génomique AAA). Ces données associées à celles d'autres auteurs (Polyamozhi et al., 1986 ; Viswanathan et al., 1989) nous ont permis de déterminer par pondération la composition chimique moyenne de ces déchets. Les tableaux 2 et 3 présentent une compilation desdites données. Partant de cette composition chimique, nous avons mis en évidence la valorisation énergétique potentielle des déchets de biomasse lignocellulosique du bananier par le biais d'une transformation en bioéthanol, biométhane et pellets.

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3. Valorisation énergétique des déchets du bananier

3.1. Potentiel énergétique

22Les données reprises dans les tableaux 3 et 4 nous ont permis de calculer le potentiel énergétique des DBA (sous-groupe Cavendish : Musa AAA), ainsi que celui d'autres matières premières.

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23En prenant en compte le taux de MS qui est de 8,95 % (Tableau 2) et sachant, d'après Uma et al. (2005), que les bananiers du groupe génomique AAB seraient plus riches en fibres et par conséquent en MS que ceux du groupe génomique AAA, on aurait ainsi une production potentielle minimale de MS de DBA estimée à 402 750 tonnes au Cameroun. En tenant compte du Prébap, on aurait environ 716 000 tonnes de DBA. Selon Reddy et al. (2003), on a environ 19,69 tonnes de MS de DBA.ha-1.

24Énergétiquement, le potentiel national annuel des DBA représente en baril équivalent pétrole (bep) 1,14 106 bep, soit 0,167 x 106 tep. Considérant le Prébap, il revient à 2 106 bep ou 0,3 x 106 tep.

3.2. Production potentielle du bioéthanol

25De formule brute C2H5OH et usuellement désigné par l'abréviation EtOH, l'éthanol est un produit à usages multiples (pharmaceutique, parfumerie, alimentaire, combustible, etc.). Il est produit chimiquement par hydratation catalytique directe de l'éthylène (CH= CH2) et biologiquement par fermentation alcoolique. Lorsque le substrat de la fermentation est une biomasse lignocellulosique, on procède d'abord à un prétraitement qui vise à modifier les propriétés physiques et physicochimiques, telles que le degré de polymérisation de la matière lignocellulosique, et donc des fractions cellulosiques et hémicellulosiques. Ce prétraitement est suivi de l'hydrolyse des polysaccharides (cellulose et hémicellulose) en monosaccharides (hexoses et pentoses) avant la fermentation proprement dite qui conduira à la production du bioéthanol (Didderen et al., 2008).

26La conversion des pentoses et des hexoses en éthanol fait l'objet de différentes voies de transformation. En effet, ces sucres peuvent être transformés par la voie des pentoses phosphates, la glycolyse, la voie d'Entner-Doudorof, etc. Dans la mesure où certaines enzymes sont spécifiques à un microorganisme, il est à noter que la voie de transformation des sucres en éthanol diffère suivant les microorganismes utilisés pour la fermentation. L'équation générale de production du bioéthanol à partir des monosaccharides est la suivante :

27CnH2nOn → n/3C2H6O + n/3CO2.

28La figure 1 présente la production potentielle du bioéthanol en litres par tonne de MS. Trois types de production y sont représentés : la production par fermentation des hexoses uniquement, la production par fermentation successive des hexoses et pentoses et la co-fermentation simultanée des hexoses et pentoses (Didderen et al., 2008).

29Le cout de production dépend de plusieurs facteurs. Les deux facteurs les plus couteux du processus de conversion sont le prétraitement et l'hydrolyse enzymatique. En effet, ceux-ci représentent, respectivement, environ 33 % et 40 % du cout de production total. Le cout de la matière première est également un facteur important dans le cout de production, même si celui-ci intervient pour une moindre proportion. De manière générale, les couts de production du bioéthanol de seconde génération dépendent de la matière première exploitée et de la technique de production employée (Wyman,1999 ; Reith et al., 2001 ; Zaldivar et al., 2001 ; Van Thuijl et al., 2003 ; Didderen et al., 2008). Actuellement, ces couts varient entre 0,17 et 0,22 Eur par litre (Van Thuijl et al., 2003). À plus long terme, le prix de revient de la production du bioéthanol à partir de la biomasse lignocellulosique devrait atteindre, dans le meilleur des cas, l'ordre de 0,13 Eur par litre pour 2020 (Didderen et al., 2008).

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30Comme l'indique la figure 1, la production potentielle du bioéthanol à partir des DBA est de 294 l.t-1 de MS (soit 232,8 kg.t-1 de MS) suivant le procédé SSCF. Au niveau national, elle est de 118,4 10l (93,8 106 kg). Si l'on prend en compte le projet Prébap, la production potentielle nationale atteindrait 210,5 106 l (166,7 x 106 kg). Par hectare, cette production revient à 5,8 103 l (4,6 x 103 kg).

31Sachant que le pouvoir calorifique inférieur du bioéthanol est de 5,91 Kwh.kg-1, le potentiel de production énergétique de la transformation des DBA en bioéthanol revient à 27,2 x 103 Kwh.ha-1 ; 554,4 x 106 Kwh sur le territoire national et 985,2 x 106 Kwh (Prébap inclus).

32Dans des conditions physico-chimiques optimales, la production du bioéthanol varie en fonction de la teneur en sucres du substrat utilisé. D'après Didderen et al. (2008), l'épicéa, le peuplier, la paille de céréales, le maïs et le Miscanthus, plus riches en sucres, possèdent un rendement de production du bioéthanol plus élevé que celui des DBA (Figure 1). Avec une teneur en sucres comprise entre 14 et 15 % (Didderen et al., 2008), le jus de canne à sucre a un rendement de production du bioéthanol beaucoup moins élevé que celui des DBA. Ces derniers contiennent environ 52 % de sucres.

33Économiquement, il devient évident que la production du bioéthanol à partir des DBA constituera une importante source de revenus pouvant réduire efficacement la pauvreté au Cameroun. De ce fait, elle s'inscrit dans la logique du développement durable. Malheureusement, l'investissement est important et le risque financier particulièrement grand.

34Sur le plan environnemental, la production du bioéthanol de seconde génération permet non seulement de lutter contre les gaz à effet de serre, mais aussi de pallier à certains problèmes liés à la production du bioéthanol de première génération. En effet, on n'aura plus besoin d'élargir les surfaces cultivables pour des monocultures destinées à la production du bioéthanol et au détriment de la biodiversité et de l'équilibre des sols.

3.3. Production potentielle du biométhane

35Le méthane, de formule brute CH4, est un combustible dont la température d'auto-inflammation dans l'air est de 540 °C. Il peut être d'origine naturelle, par exemple lorsqu'il se dégage des zones humides naturelles, d'origine animale lors d'une fermentation entérique ou bien d'origine humaine, lorsqu'il provient de l'agriculture (rizières inondées), de l'extraction de gaz ou des prairies. Il est le principal constituant du gaz issu de la fermentation de matières organiques (animales ou végétales) en l'absence d'oxygène et à l'abri de la lumière par l'action combinée de plusieurs communautés de microorganismes fermentaires (CMF), d'où l'appellation « biométhane ». La biométhanisation se déroule en quatre phases : l'hydrolyse, l'acidogénèse, l'acétogénèse et la méthanogénèse. Il en ressort de multiples intérêts parmi lesquels la production d'énergie thermique et électrique, la production de digestat servant d'amendement agricole et la diminution des émissions des gaz à effet de serre. La réaction de production du biométhane à partir des monosaccharides est la suivante :

36CnH2nOn → n/2CH4 + n/2CO2.

37Le pouvoir calorifique du biogaz est essentiellement issu du méthane qu'il contient. Par définition, le pouvoir calorifique inférieur (PCI) d'un combustible est la quantité de chaleur dégagée par la combustion complète de l'unité de quantité dudit combustible. Cette chaleur est diminuée de la chaleur latente d'évaporation de l'eau issue de ladite combustion. D'après Héteu (2007), promoteur de DEECC Consulting Sprl (Belgique), le PCI du biogaz est proportionnel à sa teneur en CH4, d'où la formule suivante :

38PCI biogaz = Q x 9,94 kwh.m-3

39Q étant le pourcentage du CH4 dans le biogaz.

40Le PCI du CH4 est de 9,94 kwh.m-3. Sachant que la teneur moyenne en CH4 dans le biogaz est de 60 %, le PCI moyen du biogaz revient à 5,96 kwh.m-3.

41Les données des tableaux 3 et 4 nous ont permis de calculer le potentiel de production du biogaz. Pour réaliser ce calcul, nous avons tenu compte de la masse moléculaire de l'H2O utilisée lors de l'hydrolyse des polymères de sucres fermentescibles contenus dans les déchets. Nous avons aussi évalué le potentiel de production de l'électricité à partir dudit biogaz. Le rendement de production d'électricité est d'environ 1/3 d'énergie totale issue de la combustion du biogaz contenant en moyenne 60 % de CH4. Les résultats sont présentés à la figure 2.

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42Il est important de noter que dans des conditions physico-chimiques optimales, le rendement de production du biogaz dépend de la composition en molécules fermentescibles (glucides, lipides et protéines) des matières premières utilisées. Cette production exige des conditions particulières de température, de potentiel d'oxydo-réduction, de pH, de rapport Carbone/Azote et d'absence d'inhibiteurs. D'après Héteu (2007), les lipides ont un rendement de production du biogaz plus élevé que celui des glucides et protéines. Avec environ 62 % de molécules fermentescibles dont 5,26 % de lipides, la matière sèche des DBA génère moins de biogaz (526 m3.t-1 de MS) que les graisses usagées (800 m3.t-1 de MS) essentiellement constituées de matières grasses (Figure 2). Les déchets ménagers organiques moins riches en matières fermentescibles produisent par conséquent moins de biogaz.

43Les résultats de la figure 2 montrent une différence moins accentuée entre la production du biogaz à partir des DBA et celle à partir des matières premières utilisées pour la production du bioéthanol de la figure 1. En effet, la production du biogaz à partir de l'épicéa, du peuplier, de la paille et du Miscanthus (exploités pour la production du bioéthanol) est respectivement de 567, 567, 642 et 515 m3.t-1 de MS. Cette faible différence est due à la contribution des protéines et des lipides (respectivement 4,94 et 5,26 % de MS de DBA) à la production du biogaz. Cependant, la forte teneur en cendres des DBA (19,43 %) joue aussi en leur défaveur dans le processus de production du biogaz. Mais cette baisse de productivité est compensée économiquement par les éléments minéraux contenus dans les digestats ou résidus de fermentation qui, après traitement, serviront d'engrais ou d'amendement agricole.

44Sur le plan national, la production potentielle du biogaz à partir des DBA est d'environ 211,8 106 m3. En prenant en compte les DBA du Prébap, cette production revient à environ 376,6 106 m3. La production par hectare revient à 0,0106 x 106 m3.

45Techniquement, la conversion d'énergie du biogaz en électricité aboutit généralement à un rendement d'environ 35 %. Le reste (65 % d'énergie de départ) est dissipé sous forme de chaleur dans des gaz d'échappement des générateurs. Cette énergie peut être récupérée par cogénération et exploitée pour le séchage des aliments qui, au Cameroun, sont traditionnellement séchés au feu de bois ou au soleil. Ainsi, les agriculteurs pourront se passer des aléas climatiques et du bois issu de la déforestation.

46En tenant compte de la teneur moyenne du CH4 dans le biogaz (60 %), sachant que la masse volumique du CH4 est de 0,435 kg.l-1, et considérant que la liquéfaction à -167 °C diminue d'environ 600 fois le volume initial, on obtient au final une production potentielle nationale en CH4 épuré et liquéfié de 211,8 x 106 l (92 133 tonnes). En tenant compte du Prébap, on aurait 376,6 x 106 l (163 821 tonnes). Par hectare, nous avons 0,0106 x 106 l (4,6 tonnes).

3.4. Production potentielle des pellets en comparaison avec la production potentielle du bioéthanol et du biométhane

47Les pellets ou granulés de bois sont des bâtonnets cylindriques de biomasse lignocellulosique (BLC) compactée. Ils sont principalement issus du compactage des résidus de scierie tels que les sciures et les copeaux. Leur production à partir de la BLC de certaines plantes est pressentie comme une des solutions devant nous permettre de pallier à la déforestation massive constatée dans la plupart des pays tropicaux. Le procédé de production est très simple et pratique. Les étapes couramment utilisées sont le déchiquetage, le broyage, l'humidification ou le séchage, la granulation par compactage et le refroidissement. La simplicité de production des pellets vient du fait que la matière première ne subit aucune transformation chimique. Néanmoins, une diminution de la teneur en cendres est nécessaire quand celle-ci s'avère trop élevée. De manière générale, le potentiel énergétique des pellets reflète le potentiel énergétique de la matière première de départ si les teneurs en eau sont identiques. Dans la mesure où la teneur en eau des pellets est d'environ 10 %, la production potentielle sera déterminée en tenant compte de ladite teneur. Avec une production de déchets du bananier (DBA) estimée à 19,69 tonnes de MS.ha-1, 402 750 tonnes sur le territoire national et 716 000 tonnes en tenant compte du Prébap, nous aurons une production potentielle de pellets estimée respectivement à 21,9 t.ha-1, 447 500 tonnes et 795 556 tonnes.

48En guise de comparaison des différents biocombustibles faisant l'objet de cette étude, le tableau 5 présente les données récapitulatives relatives à la production potentielle desdits biocombustibles à partir des DBA. Il présente également les données de leur potentiel énergétique.

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49Il ressort de ces résultats que le potentiel énergétique annuel des déchets du bananier (1,95 milliards de kWh) sur l'étendue du territoire camerounais représenterait environ 50 % de la demande nationale actuelle d'électricité (3,957 milliards de kWh)2. En prenant en compte le projet Prébap, ce potentiel couvrirait environ 88 % de cette demande.

50L'estimation en litres de la production du biométhane nous permet d'établir une comparaison avec la production du bioéthanol. Compte tenu du contexte socio-économique du Cameroun, il serait peu réaliste d'envisager la liquéfaction et le stockage en bonbonne du biométhane produit à partir des déchets du bananier. La production d'électricité par cogénération à partir du biogaz produit serait plus appropriée. Il en est de même de la transformation des DBA en pellets. La production locale du bioéthanol à partir desdits déchets serait aussi intéressante si on parvient à maitriser la technologie et à réduire les couts d'exploitation.

4. Conclusion

51Dans le souci de contribuer à la protection de l'environnement et au développement durable du Cameroun, le présent travail nous aura permis de mettre en exergue le potentiel énergétique des déchets de biomasse lignocellulosique du bananier produits et non valorisés sur l'étendue du territoire camerounais. Dans un contexte de changement climatique menaçant, d'industrialisation croissante, de démographie galopante, de menace de notre sécurité alimentaire, de déforestation massive et de réserves d'énergies fossiles limitées, les résultats obtenus montrent qu'une transformation de ces déchets en bioéthanol, biométhane et pellets serait bénéfique pour les pays producteurs de bananes et plantains en général et pour le Cameroun en particulier.

52Parallèlement à la pollution biosphérique, le niveau de consommation d'énergies modernes (électricité et énergie fossile) au Cameroun est nettement inférieur à la moyenne africaine qui aussi, est largement en dessous de la moyenne mondiale. La demande énergétique sans cesse croissante est loin d'être satisfaite, alors que les sources de nouvelles énergies renouvelables y sont abondantes. En tant que premier pays africain producteur et exportateur de bananes, le Cameroun génère une importante quantité de déchets de biomasse lignocellulosique du bananier. Nous avons estimé la production actuelle de ces déchets à environ 402 750 tonnes de matière sèche. Avec le projet Prébap à moyen terme, nous estimons cette production à 716 000 tonnes. Par hectare, nous obtenons 19,69 tonnes de matière sèche de déchets (rejets et rejetons compris).

53Sans tenir compte du Prébap, la conversion potentielle desdits déchets en biocarburants de seconde génération nous donnerait 93 800, 92 133 et 447 500 tonnes de bioéthanol, de biométhane et de pellets respectivement. Sans tenir compte de la production d'électricité par cogénération, les potentiels énergétiques qui découlent de cette conversion montrent qu'une éventuelle production des pellets (1 950 x 106 KWh) serait énergétiquement plus bénéfique qu'une production du biométhane (1 262,6 x 106 KWh) et de l'éthanol (554,4 x 106 KWh). Le rendement de production d'électricité à partir du biogaz étant techniquement d'environ 1/3, l'électricité produite annuellement (421 x 106 KWh) à partir du biogaz issu des déchets étudiés et sans tenir compte du Prébap, représenterait 10,6 % de la demande nationale actuelle en électricité. Les 2/3 d'énergie dissipée (842 x 106 KWh) seraient exploitées en cogénération pour le séchage des aliments.

54Il découle de cette étude que l'énergie potentielle du biogaz issu de la fermentation méthanique des DBA représenterait au Cameroun environ 32 % de la demande nationale actuelle. Tenant compte du Prébap, cette énergie atteindrait environ 50 % de ladite demande.

55Compte tenu des multiples usages de l'éthanol et de son prix sur le marché local (environ 1,5 Eur.l-1), il serait économiquement plus rentable de transformer ces déchets en bioéthanol. Cependant, les investissements sont malheureusement élevés, c'est le cas de la société Biowanze en Belgique. Sur le plan environnemental, une transformation desdits déchets en biométhane permettrait non seulement de générer de l'électricité et de la chaleur par une cogénération mais aussi de fournir aux agriculteurs des digestats traités devant être utilisés comme engrais ou amendements agricoles. Comme tout processus de transformation énergétique des biomasses lignocellulosiques, le succès de la transformation des déchets du bananier en un des biocarburants mentionnés dans cette étude dépend aussi bien du rendement énergétique final que du bilan écologique.

56Sur le plan pratique, il serait peut être difficile de réaliser la biotransformation de tous les déchets de biomasse lignocellulosique du bananier produits dans tout le pays. Mais en réalisant la conversion de seulement 30 % de cette biomasse, on soulagerait la biosphère, l'économie nationale à travers les créations d'emploi et une bonne partie de la population souffrant du déficit énergétique. Cette biotransformation serait évidemment en phase avec le développement durable du pays.

57Liste des abréviations

58AER : Agence d'Électrification Rurale

59CDC : Cameroon Development Corporation

60CIA : Central Intelligence Agency

61bep : baril équivalent pétrole

62BLC : Biomasse lignocellulosique

63CMF : Communautés de Microorganismes Fermentaires

64CS : Canne à Sucre

65DBA : Déchets du Bananier

66DEECC : Development Energy Environment and Climate Change

67DMO : Déchets Ménagers Organiques

68ESSE : Extraits de Sucres Solubles dans l'Eau

69EtOH : Éthanol

70GU : Graisses Usagées

71mfPAM : matière fraiche des Parties Morphologiques

72mfPAMT : matière fraiche totale des Parties Morphologiques

73mfPE : matière fraiche de la Plante Entière

74MS : Matière Sèche

75msPAM : matière sèche des Parties Morphologiques

76msPAMT : matière sèche totale des Parties Morphologiques

77PAM : Partie Morphologique

78PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur

79PIB : Produit Intérieur Brut

80Prébap : Programme de reconversion économique de la filière banane plantain

81SONEL : Société Nationale d'Électricité du Cameroun (devenu AES-SONEL)

82SPM : Société des Plantations de Mbanga

83SSCF : Simultaneous Saccharification and Co-Fermentation

84tep : tonne équivalent pétrole

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Notes

1 FAO, 2002. FAOSTAT statistics data base, agriculture. Roma: FAO.
2 Calculé à partir de la consommation d’électricité nationale de 2006 : 3,323 milliards de kWh (Central Intelligence Agency (CIA), https://www.cia.gov/library/publications/the-world-ctbook/geos/CM.html, (13/07/2009)) et en tenant compte de la croissance de la demande annuelle (6 %) ; voir Tableau 1.

To cite this article

Irénée Kamdem, Kodjo Tomekpe & Philippe Thonart, «Production potentielle de bioéthanol, de biométhane et de pellets à partir des déchets de biomasse lignocellulosique du bananier (Musa spp.) au Cameroun», BASE [En ligne], Volume 15 (2011), numéro 3, 471-483 URL : https://popups.uliege.be:443/1780-4507/index.php?id=7794.

About: Irénée Kamdem

Univ. Liège. Centre Wallon de Biologie Industrielle (CWBI). Sart-Tilman, B40. B-4000 Liège (Belgique). E-mail : kamire88@gmail.com

About: Kodjo Tomekpe

Centre Africain de Recherches sur Bananiers et Plantains (CARBAP). B.P. 832 Douala (Cameroun).

About: Philippe Thonart

Univ. Liège. Centre Wallon de Biologie Industrielle (CWBI). Sart-Tilman, B40. B-4000 Liège (Belgique).